Expression politique – mai 2017

Le sport, un enjeu politique

Le sport faisant partie des besoins fondamentaux de l’être humain, il est nécessaire de l’inscrire dans une réflexion politique.  Naturellement beaucoup de personnes diront : « le sport c’est d’abord la santé ! ». Mais nous ne pouvons pas réduire les activités physiques et sportives à cette seule vision hygiéniste. D’autres dimensions d’ordre culturelles, sociales, économiques font que les activités physiques et sportives sont fondamentales pour le développement de l’être humain, de ses capacités inventives et créatrices, de sa liberté.

Le sport n’est pas une marchandise mais un droit pour toutes et tous qui exige d’inventer de nouvelles politiques publiques répondant à l’urgence de démocratisation et d’émancipation, en mettant fin aux inégalités qui persistent selon les revenus, les conditions de travail, le sexe et le lieu d’habitation.

A Saint-Egrève nous aurions les moyens financiers de mieux favoriser l’accès pour tous aux sports en augmentant l’enveloppe de soutien aux associations et en revoyant les tranches tarifaires pour aller vers la gratuité pour les quotients familiaux les plus bas, mais des choix inverses ont été faits par la majorité. D’autres part les surcoûts liés à la construction de la nouvelle piscine impacteront les tarifs du nouvel équipement à la hausse. Nous ne pouvons que le regretter.

La vie associative est un pilier essentiel de l’organisation du sport à St-Egrève. Les clubs constituent autant d’espaces de formation citoyenne. Elle doit être soutenue par une intervention publique forte et une valorisation du bénévolat et par la mise en place de réels lieux de concertation, majoritairement constitués par l’ensemble de ces forces pour décider de politiques liées au développement des pratiques sous quelques formes qu’elles soient.

C’est avec un État et des collectivités territoriales en capacité d’intervention, avec les moyens financiers et humains à la hauteur des enjeux, que l’argent investi dans le sport pourra profiter au sport, plutôt que le sport devienne une source de profit.

Sylvie GUINAND, Front de Gauche – PCF

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Expression politique – Avril 2017

S’abstenir nuit gravement à vos idées !

Les 23 avril et 7 mai prochains un important rendez-vous démocratique est donné pour élire un nouveau Président de la République.

Face aux bilans décevant des politiques d’austérité menées par les gouvernements successifs en direction des collectivités locales, face à la grogne sociale qui a ponctué les derniers mandats, aux promesses non tenues d’interdiction des licenciements et d’amélioration des droits des travailleurs, aux réformes territoriales qui suppriment des services publics et éloignent l’usager des lieux de décision, à la montée du chômage et surtout de la précarité, aux malversations enfin de certains candidats, il est juste de s’interroger. Pourquoi aller voter ? Pour qui ? En qui faire confiance ?

Je crois fondamental de s’ouvrir aux débats, de participer aux échanges d’idées dans sa montée d’escalier, son association, son club de sport : la parole évite l’isolement et l’endoctrinement par les « grands médias », financés par le grand capital.

Le débat contradictoire permet de mieux définir ce dont nous ne voulons plus, comme par exemple des suppressions d’emplois, des salaires au rabais, des contraintes toujours plus fortes sur les salarié-e-s, et ce que nous voulons, par exemple une meilleure répartition des richesses, la chasse à la fraude fiscale et aux exonérations fiscales pour financer des services publics à la hauteur des besoins de la population, des projets solidaires, écologiques et humainement durables.

Etre citoyen c’est se donner les moyens d’avoir un avis pour ne pas déléguer son pouvoir à d’autres. Je pense notamment aux idées ultra libérales, racistes et nationalistes développées par les partis d’extrême droite ou de droite extrême : si nous ne voulons pas d’un gouvernement « à la Trump » dans notre avenir, ne leur laissons pas le terrain où s’enraciner.

Les votes pour le FN n’ont pas progressé : c’est l’abstention qui a gagné du terrain !

Elue progressiste, je compte sur vous pour ne pas nuire à vos idées en vous abstenant, je compte sur vous pour aller voter !

Sylvie GUINAND, Front de Gauche – PCF

Expression politique – Mars 2017

Participation des habitants : le leurre municipal !

Une ville par tous et pour tous, c’est d’abord la participation concrète et active de la population.

La citoyenneté doit pouvoir s’exercer au quotidien, partout et sur tous les sujets du local à l’international.

A Saint-Egrève la majorité municipale se félicite de la qualité de la participation à travers les trois Conseils des habitants existants. Qu’en est-il-en vraiment ?

Ils ont été créés comme de simples lieux d’information, destinés à rendre « pédagogique » l’explication des projets par la municipalité. Les conseillers d’opposition et les agents municipaux en sont exclus ! Et les habitants n’ont en réalité aucun pouvoir : vous pouvez vous exprimer mais pas agir.

Qu’est-ce qu’une vraie démocratie participative ?

Plus que donner son avis sur les projets, c’est co-décider ! Il faut renforcer le rôle de ces Conseils en les ouvrant à toutes et tous sans discrimination politique ou professionnelle, en leur accordant davantage de communication et un budget permettant la prise d’initiatives par les habitants : ouvrir des ateliers sur la fiscalité locale, l’action sociale, le logement, le budget, la restauration scolaire, l’accès à l’emploi, la lutte contre la délinquance, la création de la nouvelle piscine ou l’accès aux transports en commun pour tous…

Co-décider c’est aussi avoir les moyens financiers et réglementaires pour porter des pétitions, organiser des référendums et des initiatives citoyennes qui soient VRAIMENT à votre initiative.

Il est important d’éduquer à la citoyenneté, à l’esprit de débat dès le plus jeune âge. Le rôle d’un Conseil Municipal des Enfants n’est pas mineur dans la vie sociale et politique : il contribue à l’éducation populaire, à la découverte des institutions, à l’apprentissage du respect de l’autre, des règles de démocratie. Or la suppression de celui de St-Egrève en début de mandat, encore une fois, ne va pas dans le sens du progrès social.

« La véritable éducation consiste à pousser les gens à penser par eux-mêmes. », Chomsky in Comprendre le pouvoir.

Sylvie GUINAND, Front de Gauche – PCF

Expression politique – février 2017

Une nouvelle organisation territoriale au 1er janvier 2017

La mise en œuvre de la nouvelle organisation territoriale – issue de la loi NOTRe du 7 août 2015 – emporte avec elle de nombreux sujets liés à la gouvernance, aux transferts des compétences, aux finances et à la fiscalité locale, à la réorganisation des équipes administratives de 2 intercommunalités sur 3, à de nouvelles relations avec les départements et régions.

Elle s’inscrit dans les mouvements successifs de déconcentration et de décentralisation des politiques publiques depuis 1964. De nouveaux cadres du  « dialogue territorial » doivent se mettre en place entre les acteurs territoriaux, leurs partenaires et bien sûr les représentants de l’Etat pour répondre à un devoir d’efficacité des politiques publiques, à organiser ensemble et à mener dans la durée.

On ne peut que déplorer les baisses de dotations programmées dans le cadre du pacte de stabilité pour 2017. La part reposant sur les collectivités pour participer à l’effort  de redressement des comptes publics est surévaluée : 22 % alors que les collectivités pèsent moins de 18 % des dépenses publiques, et ne tient pas assez compte du poids des  dépenses d’investissement dans les budgets locaux.

Le plan d’économies de l’Etat représente au final 40 milliards d’euros. Les collectivités en auront supporté 25 % au total à travers la baisse de 10 milliards des dotations en trois ans. La Cour des Comptes reconnaît « l’effort de maîtrise de leurs dépenses qu’elles ont engagé, au prix il est vrai d’une baisse sensible de l’investissement public et de la commande publique ».

Cela n’a pas que des conséquences sur l’emploi public mais sur l’ensemble de l’emploi, industriel notamment.

Plus que jamais la métropole doit être un projet politique, un échelon stratégique innovant et respectueux des dynamiques locales, des villes, de leurs cultures et de leurs habitants.

C’est ainsi, avec un projet métropolitain ambitieux, démocratique et solidaire, que nous pourrons faire rayonner notre métropole grenobloise et construire son avenir.

Sylvie GUINAND, Front de Gauche – PCF

Expression politique – janvier 2017

2017, des rêves à réaliser

J’adresse à toutes les Saint-Egrèvoises et tous les Saint-Egrèvois mes vœux les plus chaleureux pour cette année 2017, que je souhaite porteuse de paix et d’amitié entre les peuples, de justice, de progrès social, d’humanité et de fraternité.

2017 va être ponctuée dans son premier semestre de rendez-vous électoraux majeurs : j’appelle d’ores et déjà les électrices et électeurs de Saint-Egrève à aller s’exprimer. Près de 70 % de la population appelle au changement de politiques, mais lesquelles ?

De celles qui favorisent l’explosion des inégalités, les guerres, la méfiance de l’autre et l’individualisme, l’enrichissement des plus riches et l’appauvrissement des plus pauvres ?

Ou de celles qui peuvent rétablir la justice sociale, une meilleure répartition des richesses, des droits statutaires et collectifs pour les salarié-e-s, le plein emploi, les solidarités ?

C’est à nous d’en décider, de nous saisir de ces temps de vie citoyenne pour imposer dans le morne paysage d’aujourd’hui d’autres perspectives, de bousculer les idées et les urnes pour faire de 2017 un tournant où l’Humain reviendrait au cœur de la politique.

Les bilans des gouvernements successifs, qui n’ont eu de cesse de s’attaquer à notre modèle social, ont brouillé les frontières entre droite et gauche, beaucoup ne se retrouvent pas dans les politiques libérales qui impactent au quotidien nos conditions de vie.

Mais s’abstenir de voter c’est comme s’abstenir de rêver et de croire en ses rêves.

Je veux encore croire, avec vous, que l’on peut choisir des « lendemains qui chantent », en reprenant ensemble le pouvoir sur la finance, en produisant autrement, en investissant pour l’emploi et le développement de chacun, en agissant pour la paix et pour retrouver cet éclat d’humanité, qui manque parfois, dans le regard de l’autre.

Toutes et tous ensemble nous pouvons faire émerger une véritable politique de transformation sociale en 2017.

« Chaque idée nouvelle peut être un palier conduisant vers les plus hauts sommets du progrès humain. », Fidel Castro.

Sylvie GUINAND, Front de Gauche – PCF

Expression politique – décembre 2016

Crise de la solidarité

L’analyse des besoins sociaux de septembre 2016 met en exergue que St-Egrève n’est pas épargnée par la dégradation de la situation économique des familles : le chômage a progressé de 17 % (41 % pour les jeunes de 23-24 ans), le nombre d’allocataires du RSA a bondit de 32 %, 7 % des foyers perçoivent une aide au logement, 42 % sont non-imposables et parmi eux 27 % ont déclaré moins de 15 000 euros de revenus annuels.

Dans le même temps, 17 % des ménages de St-Egrève ont déclaré des revenus supérieurs à 50 000 euros annuels, ce qui est le taux le plus élevé de l’Isère (11 %).

La fracture sociale va créer une ville à deux vitesses si l’on ne propose pas d’urgence les moyens nécessaires pour l’enrayer, notamment avec une tarification plus solidaire pour accéder aux équipements municipaux et des subventions plus importantes aux associations de sport, loisirs, culture et d’accès à l’emploi des jeunes.

Les actions menées par le CCAS sont précieuses mais nécessitent le renforcement du nombre de personnels et de leur formation, en augmentant sa subvention et le budget de fonctionnement des services de la Ville.

Les orientations budgétaires proposées par la majorité municipale ne vont toujours pas dans ce sens et s’appuient encore une fois sur des préconisations qui viennent du gouvernement lui-même, alors qu’il est dans le même temps, et à juste titre décrié par elle. Ainsi nous savons déjà que l’augmentation du budget du personnel ne sera que de 0, 8 % quand il faudrait 2 % minimum pour maintenir le niveau des emplois. Clairement les dés sont jetés : ce sera « la mise en œuvre volontariste de non-remplacement de départs à la retraite » et « le non-renouvellement des contrats de certains contractuels », idée suggérée par l’étude de l’institut « Randstad ».

Lors du vote du budget je défendrai l’augmentation significative du budget de fonctionnement, mais c’est l’affaire de toute la population : une diminution des moyens conduira à moins de services publics pour tous. Ensemble nous pouvons imposer d’autres perspectives.

Sylvie GUINAND, Front de Gauche – PCF

Débat d’orientations budgétaires, conseil municipal de St-Egrève du 23 novembre 2016

Intervention du groupe « Pour une gauche authentique à St-Egrève »

Si l’on brosse le tableau social de la Ville rapidement, cela donne :

  • Une augmentation de 17 % du chômage, notamment chez les jeunes (19 %) et les femmes,

  • Un vieillissement de la population qui se confirme avec 24 % de la population qui a plus de 60 ans et parmi elle une personne sur quatre plus de 80 ans,

  • 27 % de foyers fiscaux qui déclarent moins de 15 000 euros annuels de revenus,

  • Une progression de 5 % des ménages allocataires de la CAF et de 32 % des bénéficiaires du RSA,

  • Une progression constante des bénéficiaires de l’AAH.

Le développement des difficultés sociales se traduit par des besoins supplémentaires en terme de services publics : nos services et notamment ceux du CCAS, vont être confrontés à la montée en charge des demandes de la population, par exemple sur les maintiens à domicile des plus anciens, les aides sociales, l’accompagnement aux démarches, notamment à l’emploi.

Dans ce contexte de crise, d’autres besoins appellent toute notre vigilance pour y répondre : l’accès pour tous à la culture, aux sports et loisirs.

Ces accès se font grâce aux politiques développées dans ce sens par la municipalité au travers de services comme l’école municipale des sports, le réseau des bibliothèques, gratuit pour les habitants, l’école de musique, le périscolaire, le subventionnement des associations dont les champs d’action sont le sport, la jeunesse ou la culture, la Vence Scène, mais aussi les Espaces Verts aménagés pour l’exercice physique libre ou créateurs d’espaces de rencontres et d’échanges.

Ces politiques sont possibles grâce à des effectifs suffisants de fonctionnaires et agents publics dans tous les domaines, du social aux services techniques et administratifs qui concourent à répondre à tous les besoins des habitants, et pas seulement des moins nantis. La proportion de propriétaires sur St-Egrève, 67 % des ménages, révèle qu’on fait le choix de s’installer sur notre commune, pas seulement parce qu’il y a de beaux espaces naturels, mais bien parce qu’il y a des services compétents et qui répondent aux besoins de tous.

Maintenir ce niveau de bien-vivre, ce niveau de culture, non seulement ne suffit pas mais, au vu de la population qui grandit et des besoins sociaux qui progressent, appelle au contraire à être renforcé.

Autrement dit à augmenter nécessairement l’enveloppe du budget de fonctionnement, je ne vous surprendrai pas.

Or les 0,8 % que la majorité municipale propose sont largement insuffisants pour continuer à répondre dans de bonnes conditions aux besoins de tous les habitants. Cela ne couvre même pas, il faudrait 2 % au minimum, l’augmentation substantielle que viennent d’obtenir les agents après une bataille de plus de 6 ans auprès des gouvernements successifs – je rappelle que le point d’indice des fonctionnaires était gelé depuis 2010, mais pas le coût de la vie…

Qui, ici, à part les retraité-e-s dont les pensions sont également gelées, n’a pas été augmenté, ne serait-ce que de 0.1 % depuis 6 ans ? Qui peut trouver illégitime qu’enfin justice soit un peu faite ?

Par ailleurs l’accord PPCR (parcours Professionnels, Carrière, Rémunérations), contrairement à ce que vous écrivez, aura certes une incidence la première année pour se mettre en conformité avec quelques carrières qui vont progresser, mais l’ensemble reste très insuffisant en matière de progression salariale, et surtout cette réforme tasse encore les carrières et les agents ne progresseront plus aussi vite : la mesure va générer au final plus d’économies pour les collectivités que d’avantages pour les agents. La ministre de la Fonction Publique, Marylise Lebranchu, avait d’ailleurs déclaré à la presse, pour rassurer les élus inquiets des conséquences budgétaires, que la réforme PPCR permettrait de financer en partie l’augmentation du point d’indice…

Or l’argumentaire du DOB laisse à penser qu’encore une fois nous sommes obligés de faire des dépenses imposées par l’Etat.

Mais, heureusement que l’Etat impose encore un peu aux collectivités de respecter les règles statutaires et salariales ! Le combat des maires et des majorités devraient bien plutôt se tourner vers l’Etat pour obtenir de vrais moyens pérennes de fonctionnement, plutôt que contre leur personnel en diminuant leurs effectifs pour réduire les coûts.

Ce mot « coût » est un vrai problème d’ailleurs. Pour mener toutes les politiques publiques il faut des fonctionnaires. C’est donc un investissement et non un coût.

Avant de réduire – et c’est bien ce que vous allez faire en ne remplaçant pas les départs en retraite et en supprimant 3 contrats d’agents non titulaires, – un investissement au service de l’intérêt général, pensons donc à récupérer dans nos caisses ce qui est un vrai coût pour la collectivité : les exonérations fiscales, les fraudes et évasions fiscales, les impayés de taxe de publicité. Sur notre commune il y a un certain nombre d’entreprises concernées, comme ailleurs, et tant que les communes n’agiront pas auprès de l’Etat et des entreprises pour récupérer ce qui leur revient, on continuera d’élaborer des budgets qui vont contre le développement de l’emploi public et de l’emploi tout court.

C’est vrai cela s’appelle la lutte des classes et il faut du courage pour la mener, celle qui veut défendre l’intérêt général plutôt que les intérêts particuliers.

Nous sommes à St-Egrève encore loin d’avoir un budget en déséquilibre et on réussit même à faire de l’épargne pour autofinancer nos investissements. Nous avons encore largement les capacités financières de maintenir notre masse salariale, malgré les baisses de DGF de l’Etat. Le choix de réduire les effectifs de personnel et les subventions accordées aux associations (0 % d’augmentation du budget global alloué, et suppression d’une enveloppe de 80 000 euros) est une balle que l’on se tire dans le pied et l’on aura bien du mal à l’extraire à l’avenir : la dégradation des conditions de vie à St-Egrève sera de votre responsabilité. Pas de celle de l’Etat même si le gouvernement actuel a la sienne.

Sylvie Guinand